Fin de vacances... Tu as l'impression tu n'as jamais passer des vacances comme celles là.
Sur deux mois et demi (bon ok, 4 mois, si on compte qu'a partir de mi-mai ta présence au lycée est devenue plus que rare...) tu ne crois pas avoir passer plus d'une semaine où tu te sentais bien.
Tu sais, tu passes une semaine à la mer, et en une semaine tu sors juste deux fois, pour acheter le pain. En une semaine tu poses pas une fois le pied sur le sable, tu ne sens pas une seule fois l'eau glacer tes orteils. Tu restes à la maison, tu fixes l'écran de télé, mais tu ne regardes, non parce que tu n'es là que physiquement. Dans ta tête, tu es complètement ailleurs. Ou plutôt nulle part. Et on t'engueule parce que tu restes prostrée sur le canapé. Et tu t'en fous. Et on se fout de ta gueule en te disant que t'es comme une loque. Et tu t'en fous. Et on te demande si tu comptes lever tes fesses avant Noël. Et tu t'en fout. Mais ca te fait mal. Tu voudrais juste arriver à leur jeter à la gueule toute cette haine, tout ce dégout, tout ce qui est à l'intérieur de toi, tout ce qui te salit. Mais tu peux pas. Ou alors tu ne veux pas..? Oh non, tu ne veux pas, parce que c'est à travers cette souffrance que tu vis et que si tu la sors de toi-même tu sais que tu ne sera plus rien. Tu préfères souffrir que errer. Tu préfères aller mal que ne rien ressentir.
C'est tellement horrible le néant.
Et le soir, tu te déshabilles et tu regardes ces choses immondes gravées sur toi. Ton avant-bras, ton épaule, ta hanche. Oh, la hanche, ce que ca fait mal. Ça tire, comme si les plaies voulait se déchirer. Oui, comme si ta peau aller se déchirer. Tu te lèves tu as mal. Tu t'assoie, tu as mal. Tu croises les jambes, tu as mal. Tu marches, tu as mal. Tu as tellement mal que tu ne peux porter que ce vieux jogging détendu de partout, parce que le reste ca frotte. Putain, même une jupe ca frotte et ca te donne envie de pleurer. Alors le soir tu grattes, tu grattes ces immondices. Et ca fait mal, très mal, tellement mal. Et si par malheur on t'éffleures tu te met à gueuler tellement que tu as mal. Et quand tu n'aura plus mal, tu auras honte. Parce que ca fera dix-sept cicatrices rouges, longues et boursoufflées. Et tu les tartinera de crème cicatrisante matin et soir pendant des semaines en espérant qu'elles deviendront moins voyantes. Mais il faudra du temps, beaucoup de temps. Le temps guérit tous les maux, tu sais...
Et dans dix jours retour au lycée. Mais comment est-ce que tu vas faire pour le supporter? Pour supporter de passer tes journées entourée de gens? Comment ne pas se mettre à pleurer? Comment de pas avoir honte? Comment ne pas avoir peur? Oh, ca va etre dur. En fin de compte même si pendant les vacances tu te fais chier, au moins tu n'es pas obligée de te montrer au monde. Juste etre seule. Toute seule. Pour de vrai. Aussi seule physiquement que tu l'es dans ta tête. Comme ca pour une fois, les choses seront à leur place.
Et voilà tu repleures... Et tu sais pourquoi? Non, tu ne sais même pas pourquoi, tu pleures c'est tout. Ça fait une semaine que tu retiens, que tu regardes la lame mais que tu ne l'utilises pas. Parce que tu veux le faire à l'avant-bras mais que ca sera trop dur après. Parce qu'elle comprendra vite et qu'elle te le fera payer. Alors tu attends avec impatience l'automne pour pouvoir t'acharner sur ton avant-bras parce que c'est ce qui saigne le mieux. Et en attendant tu feras ca ou? L'épaule encore? Ou alors en dessous, là ou ta peau est cachée, en bas des aisselles. Ça se verra pas trop. Oh, non l'avant-bras te fait tellement envie. Juste une entaille. Juste une... Une dizaine... Une centaine.
Oh oui, Madame, des centaines et des centaines, partout, partout, partout!