Madame... J'ai honte... Honte de ça... Honte de moi...
Parce que j'ai recommencé. Ça faisait un mois. Un mois, PUTAIN DE MERDE. Un mois d'espoir, de contrôle permanent de mes émotions, un mois où j'ai canalisé mes crises du mieux que j'ai pu, un mois à sourire, à faire semblant, à jouer à tout-va-bien-la-vie-est-belle. Un mois pour rien...
Parce que j'y ai cru. J'y ai vraiment cru cette fois. J'ai cru pouvoir y arriver, j'ai cru que j'aillai aller mieux, pour de vrai. J'ai cru à ce monde imaginaire, mon monde, où tout va tellement mieux que dans votre monde où je suis emprisonnée, où je ne peux exister que par la douleur... Dans le monde de mes rêves je me sens tellement mieux, en sécurité, protégée de tout... Mais ce n'est qu'un rêve, un stupide rêve qui n'a aucun sens puisque que la réalité c'est votre monde à vous.
Parce que ça saigné. Comme jamais. Ça a saigné encore & encore & encore. J'ai cru que ça n'allait pas s'arrêter. & j'ai laissé faire. J'aurai voulu que ça ne s'arrête jamais, comme ce que je ressens à l'intérieur. Ça m'a fait tellement de bien, si vous saviez. Tellement de bien...
Parce que c'est pas mon sang que j'ai vu couler. C'est ma haine, ma colère, mon dégout, mon mal-être, ma détresse, ma solitude, mon envie de disparaître. Tout ce que j'ai gardé, accumulé pendant un mois.
Parce que chaque coupure me tue un peu plus, mais me rend vivante, tellement vivante. Je sais que j'existe, que je suis là, réelle, grâce à ses entailles, ses coupures, ses cicatrices, ses traces, ses gouffres de désillusion gravés sur moi.
Parce que comme d'habitude j'ai pas pleurer. Cette colère, cette haine m'en empêche. Elles m'empêchent de me contrôler, elles m'empêchent de me rendre compte. Elles prennent possession de moi & je ne peux rien y faire.
Parce que je me sens mal. Juste mal. C'est même pas que je me sens triste ou seule ou n'importe quoi d'autre. Je me sens mal, voila, point final. I wish for this night-time to last for a lifetime, the darkness around me shores of a solar sea, oh how I wish to gone down with the sun, sleeping... weeping... with you...
Parce que je m'en veux. Je me dégoute. Je me hais. Je déteste ce corps que je dois trainer. Je déteste ce bras. Je voudrais juste partir. Loin. Très loin. Loin de tout. Loin de vous. Vous qui pensez tout savoir mais qui ne savez rien, vous qui pensez tout comprendre mais qui ne comprenez rien.
Parce que j'ai peur, tellement peur. Peur du jour où j'irai trop loin, peur de moi. Peur du printemps qui arrive, peur de la chaleur & du temps des bras découverts. Peur de demain, peur de savoir. Peur de cette évolution, peur parce que ça va trop vite, ma décadence va trop vite... Je perd pied trop vite...
Parce que je veux que tu me pardonnes... Ne m'en veux pas... S'il te plait... Ne pleure pas pour moi, pense plutot à toi, c'est tellement plus important à mes yeux petite soeur...